Quand on souhaite apprendre une langue : le breton, le gallo, l’anglais, l’espagnol ou toute autre langue, on entend souvent parler de « niveau A1 », « niveau B2″… Mais que signifient réellement ces lettres et ces chiffres ? Dans cet article, nous vous proposons un tour complet du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL), avec des exemples concrets appliqués au breton.
Le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues a été créé par le Conseil de l’Europe pour permettre une évaluation harmonisée des compétences linguistiques, quelle que soit la langue apprise. Il se divise en 6 niveaux officiels (A1 à C2), auxquels on ajoute parfois un niveau « A0 » informel pour désigner les tout premiers pas.
Ces niveaux sont regroupés en 3 grandes catégories :
💡 Bon à savoir : les cours de breton proposés par Andon à Questembert suivent une logique similaire, avec trois niveaux : Débutant, Continuant et Confirmé. Nous verrons plus loin comment cela correspond au CECRL !
Le niveau A0 n’est pas officiellement reconnu par le CECRL, mais il est très souvent utilisé de manière informelle pour désigner un débutant absolu, n’ayant aucune connaissance préalable de la langue.
En breton, un niveau A0 correspond à :
👉 Peut-on tenir une conversation en A0 ? Non, pas du tout. C’est le point de départ total, avant même le premier « Demat » (bonjour) !

Le niveau A1 est le premier niveau officiel du CECRL. La personne peut comprendre et utiliser des expressions familières et quotidiennes, ainsi que des énoncés très simples.
En breton, un niveau A1 permet de :
👉 Peut-on tenir une conversation en A1 ? Une « conversation » très basique et limitée, à base de phrases toutes faites, oui. Mais impossible de sortir du cadre appris par cœur.
Le niveau A2 permet de communiquer lors de tâches simples et habituelles, sur des sujets familiers.
En breton, un niveau A2 permet de :
👉 Peut-on tenir une conversation en A2 ? Oui, une conversation courte et simple sur des sujets du quotidien, avec un effort de l’interlocuteur pour parler clairement.
🎓 Débutant en breton ? Découvrez nos cours du soir à Questembert
Le niveau B1 marque un vrai tournant : la personne devient capable de se débrouiller dans la plupart des situations rencontrées en voyage, et peut produire un discours simple et cohérent sur des sujets familiers.
En breton, un niveau B1 permet de :
👉Peut-on tenir une conversation en B1 ? Oui, une vraie conversation fluide est possible sur des sujets quotidiens, même si des hésitations et des erreurs restent fréquentes.
💡 C’est généralement le niveau visé après une année de cours assidus + pratique régulière (fest-noz, café-breton, immersion ponctuelle).
Le niveau B2 permet de comprendre le contenu essentiel de sujets concrets ou abstraits, y compris des discussions techniques dans son domaine de spécialité.
En breton, un niveau B2 permet de :
👉 Peut-on tenir une conversation en B2 ? Oui, sans difficulté sur la majorité des sujets, avec une bonne spontanéité.
📚 Déjà des bases en breton ? Rejoignez nos cours niveau Continuant ou Confirmé
Le niveau C1 correspond à une maîtrise avancée : la personne s’exprime spontanément et couramment, avec un vocabulaire riche et précis.
En breton, un niveau C1 permet de :
👉 Peut-on tenir une conversation en C1 ? Oui, avec aisance, nuance, et une bonne compréhension des sous-entendus et de l’humour.
Le niveau C2 est le plus élevé du CECRL. Il correspond à une maîtrise quasi native de la langue : comprendre sans effort tout ce qu’on lit ou entend, s’exprimer avec précision même dans les situations les plus complexes.
En breton, un niveau C2 permet de :
👉 Peut-on tenir une conversation en C2 ? Évidemment, sans aucune limite ! C’est le niveau des traducteurs professionnels, enseignants-chercheurs et locuteurs natifs cultivés.

Une question revient souvent : « Si ça va de A à C, pourquoi ne pas continuer avec D, E, F ? » La réponse est simple : le CECRL s’arrête volontairement au niveau C2, et voici pourquoi.
Le niveau C2 a été pensé comme le point où une personne devient capable de :
Au-delà de ce niveau, on ne parle plus vraiment de « compétence linguistique » mesurable, mais de choses beaucoup plus personnelles et difficiles à évaluer objectivement :
💡 Fun fact : même un locuteur natif n’est pas forcément « C2 » dans sa propre langue ! Le C2 inclut des compétences académiques et rhétoriques (nuancer un débat, comprendre un texte juridique complexe, repérer l’ironie…) que tout le monde ne maîtrise pas naturellement, même dans sa langue maternelle.
Cette question est particulièrement intéressante pour une langue comme le breton. En effet, certains brittophones « de naissance » (ayant appris le breton dans leur enfance, notamment en milieu rural) peuvent parfaitement être natifs sans pour autant se situer en C2 sur des exercices académiques (rédaction formelle, vocabulaire technique…). À l’inverse, un breton non-natif ayant suivi une formation universitaire poussée peut parfois atteindre un niveau C2 très solide, sans pour autant « sonner » comme un locuteur né dans une famille bretonnante.
C’est d’ailleurs toute la richesse (et la complexité !) de la revitalisation des langues comme le breton : le niveau de langue n’est qu’une partie de l’histoire. La transmission culturelle, les expressions locales, les accents propres à chaque terroir (Bro Gwened, Kerne, Leon, Treger) font partie intégrante de la « vraie » maîtrise d’une langue… et ça, aucun CECRL ne pourra jamais totalement le mesurer ! 😉

Le CECRL est une référence européenne, mais il est aujourd’hui largement utilisé bien au-delà de l’Europe (Amérique latine, Asie, certains pays africains) car il a été traduit et adapté dans de très nombreuses langues. On pourrait donc penser qu’il est devenu un standard mondial… mais ce n’est pas tout à fait exact. Plusieurs grandes régions du monde utilisent leurs propres échelles, qui ne se superposent pas toujours parfaitement au CECRL.
L’ACTFL (American Council on the Teaching of Foreign Languages) utilise une échelle différente : Novice, Intermediate, Advanced, Superior, Distinguished (chacune subdivisée en Low/Mid/High). Un niveau « Advanced Mid » ACTFL correspond grossièrement à un B2 du CECRL, mais les critères d’évaluation ne sont pas identiques (l’ACTFL insiste davantage sur la performance orale spontanée).
Le HSK (Hanyu Shuiping Kaoshi) comporte 6 niveaux (bientôt 9 avec la réforme en cours), basés principalement sur la connaissance du vocabulaire et des caractères plutôt que sur les compétences de communication globales comme le CECRL.
Le JLPT (Japanese Language Proficiency Test) va de N5 (débutant) à N1 (avancé) — donc à l’envers du CECRL ! Il est aussi très axé sur la lecture/grammaire, avec une partie orale historiquement peu évaluée (bien que cela évolue).
L’ILR (Interagency Language Roundtable), utilisée notamment par le département d’État américain et l’armée, va de 0 à 5, avec des demi-niveaux (0+, 1+, etc.). Elle est très proche du CECRL sur le principe, mais avec des critères d’évaluation propres au contexte diplomatique et militaire.
Il existe des tables de correspondance entre ces différents systèmes (CECRL ↔ ACTFL ↔ ILR, par exemple), mais elles restent approximatives, car chaque échelle a été conçue avec sa propre philosophie pédagogique. Un « B2 CECRL » n’est donc pas exactement superposable à un « Advanced Mid ACTFL » ou à un « JLPT N2 » — cela donne un ordre de grandeur, pas une équivalence parfaite.
| CECRL (Europe) | ACTFL (USA) | ILR (Diplomatie US) |
|---|---|---|
| A1 | Novice High | 0+ |
| A2 | Intermediate Mid | 1 |
| B1 | Intermediate High | 1+ |
| B2 | Advanced Mid | 2 |
| C1 | Advanced High / Superior | 3 |
| C2 | Distinguished | 4-5 |
Bonne nouvelle pour les bretonnants : comme le breton est enseigné en France, en Europe, c’est bien le CECRL qui sert de référence officielle, notamment pour les diplômes comme le DCL breton (Diplôme de Compétence en Langue) ou les certifications proposées par l’Office Public de la Langue Bretonne (Ofis Publik ar Brezhoneg). Pas besoin donc de jongler avec des échelles exotiques : le système A1-C2 que nous venons de détailler s’applique directement à votre parcours d’apprentissage du breton ! 😊

| Niveau CECRL | Nom | Conversation possible ? | Niveau Andon correspondant |
|---|---|---|---|
| A0 | Débutant absolu | ❌ Non | Débutant (départ) |
| A1 | Découverte | ⚠️ Très limitée | Débutant |
| A2 | Survie | ✅ Basique | Débutant / Continuant |
| B1 | Niveau seuil | ✅ Oui | Continuant |
| B2 | Indépendant | ✅ Oui, aisément | Continuant / Confirmé |
| C1 | Autonome | ✅ Oui, avec nuance | Confirmé |
| C2 | Maîtrise | ✅ Oui, totale | Confirmé (au-delà) |
Le système A0-C2 permet de situer précisément son niveau dans l’apprentissage d’une langue, qu’il s’agisse de l’anglais, de l’espagnol… ou du breton ! Que vous partiez de zéro (A0) ou que vous ayez déjà quelques bases, Andon vous propose un parcours adapté, du niveau Débutant au niveau Confirmé, pour vous permettre de tenir de vraies conversations en breton et de vous reconnecter avec la culture bretonne.