👓 La langue bretonne dans le pays d’A-Bas

Le pays d’A-Bas (et pas Abba 😉 )

Le pays d’A-bas reste assez méconnu , En général les pays bretons de Basse Bretagne ; tel le Léon, Trégo, Cornouaille… sont assez simple à situer et à définir, en Haute Bretagne la notion de pays est plus difficile à appréhender qu’en Basse Bretagne au vu de leur taille plus conséquente, mise à part le Mené ou le pays de la Mée par exemple.

Pays Vannetais

Le pays Vannetais est clairement divisé deux parties, une bretonne et l’autre gallèse.

Haute et Basse-Bretagne

Le pays vannetais gallo se trouve pour schématiser à l’Est de Vannes jusque Redon.

On retrouve bien le pays Vannetais Gallo entre Redon et Vannes, Ploërmel au nord.
Pays d'A-Bas en détail
Le Pays d’A-bas en vert clair

Même si la carte peut paraitre précise il est difficile de définir les limites. Le pays de Ploermel appartenait à l’êvéché de Saint Malo, celui de Redon à celui de Vannes. La notion même de pays Mitao, de Pays d’A-bas est assez récente.

Voir en plein écran

Le pays d’A-bas correspond aux cantons de Questembert et de Muzillac principalement, il est bordé à l’ouest par le Bro-Gwened bretonnant, au nord -au delà des Landes de Lanvaux- par le pays de Malestroit, à l’est du Trévélo par le Haut-pays et au sud par le pays Mitaod où la Vilaine a aussi servir de limite à l’ancien évêché de Nantes. Jusque dans les années 50, il était possible d’observer une certaine unité culturelle et économique dans cette zone « tampon ».

La Langue ou les langues ? du pays d’A-Bas

Cette zone « tampon » entre le Pays bretonnant de Vannes et Gallésant de l’autre côté de Rochefort en Terre pratique une langue qui lui est propre (forte accentuation tonique issue du breton). Il est limité par le pays de Malestroit et les landes de Lanvaux au nord, la frontière linguistique à l’ouest, le haut pays au nord est et le pays Mitaud au sud est. Une enquête de 1806 fait par Coquebert de Monbret indique que, seul le breton est parlé dans toute cette zone. En fait, la population passera directement du Breton au Français au cours du 19ème siècle, peut-on parler de français? ou alors un Gallo teinté de breton qui était jadis parlé sur ce territoire?

Au niveau toponymie 75% des noms de lieux sont d’origines bretonne.

Le pays d’A-bas est spécifique a bien des égards.

L’enquête linguistique de 1806 dans le pays d’A-Bas

L’enquête dans le Morbihan fut menée à deux reprises par Charles Coquebert de Monbret, chargé par Napoléon du recensement des langues en France. En 1806, l’intérêt portait uniquement sur la limite des langues. Seulement en 1808, une nouvelle correspondance fut ouverte au sujet des dialectes bretons et gallèses. Le préfet Jullien de Bidon était le seul interlocuteur sur place pour ces deux correspondances.
Les recherches sur la frontière entre le français et le breton furent initiées
par la circulaire ministérielle, le 7 juillet 1806. Le préfet Jullien y répondit dès
le 16 juillet, affirmant que c’était un travail « très facile et n’exigeant pas
beaucoup de tems ».

la carte en elle même est probablement perdue. Nous savons néanmoins de sa lettre qu’il s’agissait d’une carte dans laquelle on a séparé par un tracé de couleur toutes les communes où l’on parle français de celles où l’on se sert du breton, soit exclusivement, soit concurremment avec le français.

Cette ligne commence au sud aux salines d’Herbignac passe la Vilaine à la Rochebernard, se détourne à St. Morice commune de Serent, se poursuit par Gueltas et se termine à Croixanvec ce qui laisse à l’ouest les deux tiers du département.

Coquebert de Montbret a dressé d’après cette carte une liste des communes
situées le long de la limite linguistique que Ferdinand BRUNOT a
reproduite en 1969 dans le livre « Histoire de la langue française des origines à nos jours Tome IX.

Communes de langue françaiseCommunes de langue bretonne
Herbignac, 1Penestin, 21
La Roche-BernardCamoil (Camoel).
Nivilliac (Nivillac), 2Férel (Feret), 22
Béganne, 3Arzal, 23
Caden, 4Marzan, 24
Limerzel, 5Peaule
Pluherlin, 6Le Guerne, Trève (Le Guerno), 25
Ploucadeuc (Pleucadeuc)Noyal Muzillac, 26
Bohal, 7Questembert
Saint-Maurice (petit 2), 8Molac, 27.
Brignac, 9Larré, 28.
Saint-Nicolas, 10Elven
PlumelecMonterblanc, 29
Billo, 11Plaudren, 30
Gueheno, 12Saint-Jean de Brevelay, 31
La Chapelle es Brieres (La Chapelle
des Brières), 13
Saint-Alloueste (Saint-Allouestre), 32
Buleon, Trève, 14Moreac, 33
Radenac, 15Naizin, 34
ReguinyKer Fourne, Trève, 35
Credin (Crédin), 16Noyal-Pontivy, 36
RohanSaint-Corand, Trève, 37
Saint-Gauvry, 17Croissanvec, 38
Saint-Samson, 18
Gueltas, 19
Saint-Gonnory (Saint-Gonnery), 20
Carte des communes bretonnante en 1806 pays d'A-Bas
Carte des communes bretonnante en 1806

Après avoir confronté les informations du préfet à d’autres sources – « des voyageurs » –, Coquebert de Montbret exigea de vérifier l’exactitude du tracé sur la carte dans une lettre du 20 octobre 1806.
Dans sa réponse, Jullien rectifia effectivement ses premiers renseignements en précisant qu’il avait compris dans le domaine breton trois communes bilingues (Penestin, Camoel et Ferrel) où le breton était en usage, même si le français y était dominant.

Répondant ensuite à la demande de fournir une liste des communes du Morbihan portant outre le nom français un nom breton, il observa que les communes de ce département n’ont qu’un seul nom dont la prononciation diffère un peu en breton et en français, mais qui s’écrit à peu près de la même manière dans les deux langues. (Réponse du préfet Jullien de
Bidon, 31 octobre 1806, BNF NAF 5911 f. 350) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10073819b/f496.item.zoom


Le 7 avril 1808, Coquebert de Montbret s’adressa à nouveau au préfet pour enquêter sur les dialectes bretons et gallèses parlés dans le Morbihan. Dans une première réponse, Jullien promit des échantillons, mais fit valoir les difficultés de se procurer des exemples des deux idiomes. Il ne les transmit à Paris que le 17 septembre 1808.

Son envoi comprenait une traduction incomplète de la parabole de l’enfant prodigue en breton, une lettre rédigée par Thuault de la Bouvrie, ancien député du Tiers-État, de Ploërmel, contenant des expressions de la langue parlée à Ploërmel (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10073819b/f505.item.zoom) qui en fait comprend bon nombre d’expressions gallèses, qui prouve que l’on parlait bien le Gallo.

Traces du breton

On arrive à retrouver quelques traces écrites permettant d’indiquer que le breton était parlé, par exemple lors des festivités du millénaire de la bataille d’Alain Le Grand à Questembert le 20 et 21 avril 1907 :

On applaudit à tout rompre et les cris des bretonnants : Bevet Breiz ! se mêlent à ceux des gallos : Vive la Bretagne !

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5810123j/f49.image.r=gallots

Dans certaines familles du pays d’A-Bas, dont les souvenirs remontent oraux peuvent remonter au XIX siècle, on affirme que le breton n’y a jamais été parlé. D’autres, prétendent par contre que certaines personnes le connaissait. La dernière personne a le parlé était Pierre Le Pallec, né à Billiers vers 1865, marié à Diston en Arzal vers 1891 (https://rechercher.patrimoines-archives.morbihan.fr/ark:/15049/vta54487a864e3f1/daogrp/0/layout:table/idsearch:RECH_e078083202da56b5eb48262f9f2fe7b4#id:914012974?gallery=true&brightness=100.00&contrast=100.00&center=1610.740,-836.728&zoom=9&rotation=0.000), et vivait à Noyal-Muzillac du côté de Bosco, il parlait de tout en breton et en était fier.

D’ailleurs Noyal-Muzillac a été la dernière commune où l’on parlait breton, sa microtoponymie est typiquement bas-bretonne. En fait aujourd’hui les chercheurs affirment qu’il a du être conjointement parlé avec le français et le gallo, pendant plusieurs siècles des quartiers ont dû ainsi entretenir une forme de bilinguisme, de préférence le long de la frontière linguistique, ce qui permettait des échanges avec les Vannetais monolingues. Ce bilinguisme expliquerait les cartes anciennes qui mettait ci ou là le pays d’A-Bas en basse et Haute Bretagne. Le passage au monolinguisme a laisser peu de traces dans la population, moins traumatisant qu’en Basse-Bretagne. Sinon le processus d’abandon est semblable : de moins en moins nécessaire, en peu de générations, on ne parle plus le breton à ses enfants.

Des chants bretons ont aussi été collectés dans le pays par Philippe Blouët :

  • Paotredigoù ‘gostez Gwened (Sulniac, Pierre le Brun, 1975)
  • A zek da bevar (Sulniac, Pierre le Brun, février 1975)
  • Be’ zo dek miz’ zo (Sulniac, Vincente Quatrevaux, février 1975)
  • Ar-Dreñv ti ma zad (Sulniac, Vincente Quatrevaux, février 1975)
  • A pa oan-me bihan (Lauzach, Joseph Le Guil, Mars 1980)
  • Daomp da greiz an hent (Sulniac, Pierre le Brun, août 1975)

📰 À Questembert, reprise des cours breton à l’association Andon {Presse}

Debout : Laurence Brisson, enseignante et Thierry Jolivet, vice-président de l’association Andon et une dizaine d’élèves inscrits pour les cours débutants.

Les cours de breton organisé par l’association Andon ont repris. Une dizaine de participants aux cours des débutants étaient présents, mercredi 14 septembre à la salle Alan Meur.

L’association Andon a été créée pour promouvoir la culture bretonne sous toutes ses formes, développer les langues bretonne et gallèze et animer le pays de Questembert.

L’association Andon propose des cours de breton à Questembert, le soir pour découvrir le breton, avec des cours d’1 h 30 par semaine. Trois niveaux différents : mardi à 18 h 30 pour les continuant 1, mardi 20 h 30 pour les continuant 2, et mercredi à 18 h 30 pour les débutants, à la salle Alan Meur.

D’autres animations et événements

En outre, l’association organise une soirée conversation en breton une fois par mois dans l’idéal. Un projet d’atelier chant en breton est en cours de réflexion, selon le nombre d’inscrits. Le 18e fest-deiz est organisé dimanche 6 novembre à Molac, à 14 h 30, à la salle polyvalente. Le 11 ou le 12 mars 2023 se dérouleront les 8e éliminatoires kan ar bobl ainsi qu’un fest-deiz à l’Asphodèle. Enfin, un ciné-goûter : film d’animation/dessins animés en breton, aura lieu en mars, au ciné Iris.

Source : https://www.letelegramme.fr/morbihan/questembert/a-questembert-reprise-des-cours-breton-a-l-association-andon-18-09-2022-13181285.php

📰 Les cours de breton de retour dans la commune (Presse)

Source Ouest-France

Les cours de breton vont reprendre, avec une quinzaine de participants, pour les débutants. Trois niveaux sont proposés afin de progresser dans la maîtrise de la langue.

C’est en 2000, à l’ouverture de l’école Diwan, qu’a été créée l’association Andon. Son objectif ?  « Développer la culture bretonne et les langues de Bretagne sur le territoire » ​, précisent Thierry Jolivet et Gaël Le Rallic, vice-président et trésorier de l’association.

Pendant vingt ans, Andon agira comme  « un comité de soutien à l’école » ​, en organisant des manifestations pour recueillir des fonds.

La fermeture de l’école, en 2019, amène l’association  à recentrer  ​ses actions et à développer de nouveaux projets en proposant des cours de breton à destination des adultes  « avec trois niveaux : débutant et continuant 1 et 2 ». 

Des conversations mensuelles

​Ils sont proposés, en soirée, le mercredi, de 18 h 30 à 20 h 30, pour les débutants, et le mardi, pour les initiés, premier niveau, à 18 h 30, deuxième, à 20 h 30, à la salle Alan-Meur.  « Les cours sont orientés sur la pratique orale de la langue. Il y a peu d’écrits, mais beaucoup de jeux, de chansons, pour aborder la langue de façon vivante et dynamique​, précise Laurence Brisson, enseignante. Je privilégie l’immersion, comme si la langue bretonne était la première langue des participants.  ​Cette méthode permet  de dépasser la langue maternelle  ​en accordant de l’importance  aux gestes, aux expressions. Ce sont des outils pour apprendre en dehors d’un système scolaire.  ​Le cours débutant accueille une quinzaine de participants ».

Pour répondre aux demandes des participants, mais aussi  aux bretonnants du secteur ​, l’association va proposer des conversations mensuelles.  Les locuteurs ont envie de se retrouver pour pratiquer. Il faut provoquer la rencontre pour rendre la langue présente dans le paysage local.  ​Ainsi, Andon voit d’un bon œil  l’enquête culture  ​lancée par la communauté de communes.  Il y a des éléments concernant la langue bretonne qui sont inscrits dans la charte de territoire. C’est aussi nos racines et une part de notre identité.  ​

Dans cet esprit, une réflexion est en cours pour  des sorties thématiques en breton ». ​L’association a aussi de nombreuses demandes pour un atelier de chants.  Il serait l’occasion d’aborder des chants traditionnels à danser, mais aussi des chants contemporains. 

​Parmi les autres projets : un fest-deiz à Molac, un ciné goûter pour les enfants et, bien sûr, les épreuves de sélections du Kan ar bobl.

L’association est également attentive à la préparation du festival de la Lune Rousse, pour renouveler sa coopération avec la municipalité.

Les 13 et 14 septembre, reprise des cours de breton, à 18 h 30, salle Alan-Meur. Possibilité d’un cours de découverte.

👩‍🏫 L’immersion en breton en 7 questions 👨‍🏫

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Qu’est ce que Diwan ?

C’est une école associative, de la maternelle au lycée, qui pratique la pédagogie par immersion conduisant l’enfant à un bilinguisme breton français équilibré.

Qu’est ce que l’immersion ?

C’est une stratégie d’apprentissage qui privilégie à un moment propice (maternelle, CP) l’intensité de l’utilisation du breton pour y parvenir rapidement à une maîtrise naturelle de la langue.

Pourquoi l’immersion ?

Pour ses résultats et pour sa souplesse. Le but est d’arriver rapidement et de manières précoce à une utilisation de la langue comme outil d’apprentissage. Elle permet ensuite à l’enfant de vivre dans deux langues. L’enfant apprend la langue en l’utilisant. Cette méthode crée un environnement favorable pour acquérir la langue de manière non contraignante.

Être bilingue, oui, mais pourquoi en breton ?

C’est un choix culturel dont nous pouvons être fiers. Elle donne accès à un patrimoine riche. Même si son utilisation tend à reculer depuis quelques décennies, elle reste une langue du quotidien qui a su s’adapter à la vie contemporaine. Et puis, les langues étrangères sont aussi au programme, dès le primaire et bien sûr dans le secondaire.

Mon enfant ne parlera t’il que le breton à l’école ?

En maternelle et au CP, l’enseignement s’effectue uniquement en breton; la pratique de la langue est encouragée en dehors de la classe (récréation, cantine, garderie) mais les enfants peuvent librement s’exprimer en français.

Oui, mais, apprendra t’il bien le français ?

Il l’utilise déjà au quotidien. Ce qu’il convient de lui apporter c’est une connaissance approfondie et maîtrisée de la langue. Pour y parvenir l’étude du français est introduite en CE1, puis prend une place de plus en plus importante jusqu’au CM2. Les objectifs de maîtrise de la langue française sont les mêmes que dans toutes les autres écoles.

Nous ne parlons pas breton. Pourrons-nous assurer le suivi scolaire ?

C’est le cas de la majorité des parents. Si vous vous ne parlez pas breton, votre enfant, lui, le comprend et peut vous restituer son travail en français. Il sait aussi transposer en breton les explications que vous lui donnez en français. Le plus important pour lui, c’est la motivation et l’encouragement que vous saurez lui apporter en expliquant votre choix de projet éducatif. De plus, les enseignants sont présents pour vous apporter aides et conseils.

😀 Surnoms Gallo

A la découverte des surnoms bretons

Les surnoms des habitants d’un lieu sont usités partout en Bretagne. C’est de plus un phénomène très ancien. Il fallait bien les différencier pour « reconnaître » l’origine des personnes. Bien souvent, il a un rapport avec la personnalité, mais il peut être lié à l’endroit où l’on habite.

surnoms breton

Paradoxalement, il servait aussi à « cacher » l’identité d’une personne et permettait d’avoir deux identités, notamment sur les communes littorales, pour se dissimuler vis-à-vis des autorités; Bien entendu, l’aspect divertissement et moqueries existe primait d’abord, et cela devient l’identité « orale » de la personne. Mais à force d’être utilisé, il se banalise et peut ainsi se transmettre à d’autres générations.

Le surnom a une histoire. A une époque, c’était également le symbole d’une intégration. Il permettait parfois de « vérifier » si quelqu’un était bien intégré dans la société. Beaucoup de surnoms ont trait à des anecdotes, à des noms de lieux. Un éventail déjà très large, et il traduisait du gallo ou du breton des expressions très imagées, souvent fort humoristiques.

Les Faraos Surnom des habitants de Bourg-Paul à Muzillac
Mitao, Mitaude Habitant de la rive gauche de la Vilaine
Les Taquenaos Habitant de Pluherlin
Les Brettes Filles de Berric
Les fesses naï (les sorciers) surnom des habitants de Béganne
Les Chouans habitants de Caden
Les éfoncés Habitants du Guerno
Les qhu-pia Habitants de Malansac
Les beus Surnom des habitants de Limerzel
Les sabots Habitants de Malestroit
Les nin-nin Surnom des habitants de Marzan
Les ventes jaones Habitants de Molac
Les glorieus Surnom de Noyal-Muzillac
Les bedas Habitants de Pleucadeuc
Les coucous Surnom des habitants de Rochefort-en-Terre
Les chats-de-boué Surnom de Roc-Saint-André
Les bérios Habitants de Sérent
Les effrontés Surnom des habitants de Péaule

🗣 Le Gallo du pays de Questembert

Les éditions stéphane batigné viennent de proposer « le parler Gallo du pays de questembert » écrit par Paul Paboeuf, l’occasion de mieux connaitre la particularité de la langue gallèse en pays de Questembert.

Le pays de Questembert, est en zone gallèse, mais le breton s’y est maintenu jusqu’au début du XIXe siècle, ce qui explique les spécificités du parler gallo local, influencé par le lexique et la phonétique du breton vannetais.

C’est une réédition qui reprend un travail commencé en 1982 dans le cadre de la revue dastum, Dastum l’association bretonne qui fait du collectage des langues de Bretagne, fait avec Philippe Blouet qui à l’époque était questembertois et qui avait été un membre du bagad de questembert, ils commencent à faire du collectage, Philippe Blouet connaît bien les costumes, les chansons et les traditions, Paul Paboeuf est lui, plutôt un spécialiste des langues, puisqu’il est de formation universitaire. Ils vont publier dans le cahier numéro 6 de Dastum qui sera consacré au pays de Questembert-Muzillac puisque philippe Blouet avait noté que les costumes, les chansons mais aussi la langue étaient assez proche entre ce pays de Questembert et le pays de Muzillac.

La frontière Britto-Gallèse à Questembert

Pour ceux qui ne le savent pas ; le pays gallo c’est ce qui n’est pas le pays breton en Bretagne, le pays breton c’est à l’ouest d’une ligne Saint-Brieuc Vannes Guérande.

Et à Questembert on est à vraiment à la limite puisque de l’autre côté de la rivière du Kervily en Berric on est dans le pays bretonnant, la Vraie Croix et Lauzach sont également de cette aire linguistique, anecdote : quand un gars de Questembert se mariait avec une fille de Berric celle était affubler du surnom « une Brette », elle avait une coiffe particulière tandis qu’une fille de Questembert avait une coiffe gallèse, c’était valable pour la frontière ouest du pays de Questembert. Quand on pense à l’est c’est beaucoup plus flou puisque tous les parlers de l’est et même en remontant plus loin vers la gaule on est sur des langue d’oil dérivé du latin qui est du gallo roman et le gallo est une langue Gallo romane.

Le Gallo du pays de Questembert, un Gallo à part entière

Si l’on zoom sur le Gallo du pays de questembert, on va s’aperçoit que bon nombre de mots, sont du breton transposé.

Par exemple dans les champs, car c’est là que cela pousse le plus facilement, on va trouver la « Petite Oseille » qu’on appelle du « trichon » , ce mot est le même qu’en breton Vannetais.

Petite Oseille ou Trichon en Breton vannetais et Gallo de Questembert
Petite Oseille ou Trichon en Breton vannetais et Gallo de Questembert

On connait tous les Piverts

Un pivert

dans le gallo de Questembert, on les appelles les Picourâs et ce mot est la transposition bretonne de Poker Houat (piqueur de bois) et il existe bien d’autres mots qui sont liés par les langues de Bretagne, ces mots situent bien le gallo du pays de Questembert.

Et la prononciation du Gallo ?

Le « tch » qui remplace le « k » dans « qhu »« qhi », prononcés « tchu » et « tchi », il y a églament les diphtongues comme dans « pieue », la pluie, « chaod », chaud. Le « a » d’avant (la patte) vaut dans le Nord, alors que le Sud lui préfère le « â » d’arrière (la pâte). Le « oi » de « moi » en français se prononce « a »« aj » ou « ê »selon les régions.

Le « ê » suit-il le tracé de la frontière avec le breton : « mai » pour « moi »« fais » pour« fois »« nais » pour « noir ».

Le livre de Paul Paboeuf recense un peu plus de 1000 mots ainsi que des éléments de grammaire et préfacé par Paul Molac.

Quelques mots exemple

Gallo Questembert Français
Mai Moi (je)
Sourd Salamandre
Feurzaie Chouette effraie
Qhette Jambe

🌏 Le pays Vannetais

Le pays de Questembert fait partie intégrante du pays Vannetais, mais quelle est l’histoire de ce pays, découvrons le ici :

Nous allons donc parler du Pays Vannetais qui a été un royaume breton indépendant, à l’histoire particulièrement riche.

VANNES INDÉPENDANTE

Durant l’antiquité, le pays vannetais était occupé par les Vénètes. Ils étaient de puissants marins, installés sur les côtes. Ayant une hégémonie économique sur l’Armorique Ils étaient donc en concurrence avec l’Empire romain en qui avait une politique expansionniste En 56 avant J.C a lieu une bataille navale Qui se solde par une victoire romaine.

Source wikipédia, plan de bataille Vénètes contre les troupes de César

La population est alors latinisée Et la vie économique se concentre autour de Darioritum, l’ancien nom de Vannes Et ce, jusqu’à l’effondrement de l’Empire romain (200) et l’arrivée en Armorique des peuples bretons Venant de ce qu’on appelle aujourd’hui la Grande-Bretagne En 465, Paterne est nommé Évêque de Vannes, attestant ainsi de l’existence d’un Évêché de Vannes datant de cette période. La légende voudrait que sa nomination soit due au premier roi du Vannetais : Caradoc Chevalier de la table ronde, mais aucune preuve historique n’approuve ce fait.

Darioritum devient Gwened

En 578, Guerec II, aussi connu sous le nom de Waroc II, parvient à s’emparer de Darioritum Alors occupée par les Francs Il renomme la ville « Gwened », Vannes en français En référence à l’ancien peuple des Vénètes Il fait également de Vannes la capitale de son royaume Le « Bro Erec » On trouve deux versions de son nom : Guerec ou Waroc, mais cette dernière serait une germanisation de son nom faite par les Francs et la version « Waroc’h » est, quant à elle, erronée De là, il harcelait et pillait les territoires francs voisins C’est-à-dire le Pays rennais et le Pays nantais, à cette époque revenant chez lui chargé de vin volé aux Nantais !

Le pays Vannetais dans le ROYAUME DE BRETAGNE

La ville de Vannes est conquise par Pépin le Bref en 730, elle rejoint donc les Marches de Bretagne ,Frontière censée séparer le monde brittophone sauvage du monde latin civilisé. Mais les Bretons ne se laissent pas faire Et entrent en conflit avec les Francs commandés par Louis le Pieux, fils de Charlemagne, alors qu’ils sont, eux, unifiés par le Roi Morvan, ou Morvan Lez-Breizh Celui-ci règne sur le Pays vannetais La Domnonée, le Léon et la Cornouaille mais il meurt au combat en 818, vers Priziac. Aux confins du Pays vannetais Il faut attendre Nominoë, nommé Comte de Vannes par Louis le Pieux pour que ce territoire rejoigne le Royaume de Bretagne, c’est aussi par la guerre que Nominoë a finalement vaincu les Francs en 840 Après s’être retourné contre eux.

Viking

Le pays Vannetais dans le DUCHÉ DE BRETAGNE

Malgré la victoire d’Alain le Grand sur les Vikings aux environs de Questembert, dans le Pays vannetais Les Scandinaves reviennent en force à partir de 913. Ils pillent le royaume et s’installent sur le littoral, le pays est ravagé durant cette période, le Vannetais sera libéré, comme toute la Bretagne En l’an 936, avec le retour d’Alain Barbetorte, petit-fils du dernier roi Vers 970, le Comté de Vannes est intégré au domaine ducal sous le règne de Conan Ier, Le Pays vannetais appartient donc à la famille du Duc mais il existe encore en tant qu’entité religieuse. Car c’est aussi un évêché avec les mêmes frontières que le Comté Au Moyen-Âge, l’Évêché de Vannes se divise en différentes seigneureries, comme par exemple le Kemenet Gwegan ou le Kemenet Heboë. D’importants événements de la Guerre de Succession surviennent dans le Pays vannetais : Le Combat des Trente, entre Josselin et Ploërmel, Le siège d’Hennebont ou la bataille d’Auray en 1364. Par la suite, Jean IV, vainqueur de la guerre Et fondateur de la dynastie Monfort fera construire à Vannes le Château de l’Hermine qui deviendra sa résidence principale, Il crée aussi l’Ordre de l’Hermine qui regroupe les chevaliers bretons les plus valeureux. Les membres se réunissaient chaque année sur le lieu de la bataille d’Auray de 1364, toujours est-il qu’en 1532 Ils n’empêchent pas le Duché de tomber sous le giron du Royaume de France suite à l’Edit d’union signé à Vannes par François Ier .

Le pays Vannetais dans la PROVINCE

La Guerre de la Ligue n’a pas laissé beaucoup de traces dans le Vannetais Étant sous le contrôle du Duc de Mercoeur il faut attendre 1666 pour que soit fondée Lorient ,siège de la fameuse Compagnie des Indes. Elle devient rapidement la 2ème plus grande ville du Pays vannetais Après la ville de Vannes, et passant devant Hennebont. La révolte des Bonnets rouges n’atteint pas le Vannetais en l’an 1675 ,mais le Parlement de Bretagne est exilé à Vannes selon la volonté de Louis XIV afin de le punir pour avoir soutenu l’insurrection En 1720, la conspiration du Marquis de Pontcalleck et son idée de république bretonne font beaucoup parler d’elles mais ne vont pas plus loin, car il est décapité à Nantes après s’être fait arrêté à Lignol. Puis vient la Révolution française et la Chouannerie Particulièrement présente dans le Pays de Vannes, cela se traduit par de nombreux combats Comme le Débarquement de Quiberon, par exemple et tout un tas d’escarmouches, de batailles et de faits d’armes mais la liste est trop longue pour tout citer ici. Pendant la Révolution, les départements sont créés, L’Evêché de Vannes est restructuré pour correspondre à la nouvelle administration c’est ainsi que naît le Morbihan en 1790 , il s’agit du seul département métropolitain qui ne contient pas de français dans son nom, ses frontières sont sensiblement les mêmes que celles de l’Evêché de Vannes si ce n’est l’ajout de 6 paroisses cornouaillaises 2 paroisses du Pays de Saint-Brieuc, 6 du Pays nantais Et 3 du Pays de Saint-Malo Finalement, ce n’est pas vraiment la même chose Mais ça revient au même en terme de superficie, le pays vannetais reviendra en tant que tel sur le drapeau breton.

La langue gallèse aujourd’hui 👅

191.000 personnes parlent gallo (ou encore langue gallèse) en Bretagne ! C’est le chiffre ressorti de la dernière enquête sociolinguistique commandée par la Région Bretagne en 2018.

Il y aurait 5% des Bretons qui estiment parler le gallo « bien » ou « assez bien ». Ces chiffres assez important,avaient surpris, à l’époque,car c’était la première enquête à répertorier le nombre de locuteurs.Et cette enquête nous en dit plus,notamment sur les lieux de pratique :

La langue gallèse est historiquement présent sur la Haute-Bretagne, de Clisson au Goëlo. Mais en 2018, le gallo semble s’être replié sur quelques places fortes où il est bien vivant.Le centre-Bretagne, Loudéac,Le Mené, les valons de la Vilaine, Redon et du côté de Fougère-Vitré. À Ploërmel, par exemple,37% des habitants affirment entendre parler gallo au moins une fois par mois. 39% dans les vallons de Vilaine. Ailleurs, par contre, l’usage de la langue gallèse est en régression et notamment le Pays Nantais où seuls 2% des personnes la parlent.

Signature Charte du Galo

Autre particularité du gallo,le nombre de locuteurs dits passifs qui comprennent le gallo mais ne le parlent pas :9% des Bretons. C’est un chiffre à retenir,car ces locuteurs passifs ont la capacité de transmettre le gallo aux plus jeunes.

Langue inconnue ?

Au-delà du nombre de locuteurs,l’enquête met en avant un autre paradoxe. La langue gallèse est connue sur ses terres “historiques”,mais pas ailleurs ! 40% des habitants de Bretagne ne savent pas ce qu’est le gallo,notamment en Basse-Bretagne et dans le Pays Nantais ! Le déficit de notoriété est clair,mais l’enquête remet, pour la première fois,le gallo sur la carte de Bretagne pour le grand public !

Langue reconnue

C’est important d’un point de vue sociologique et symbolique,car le gallo est reconnu comme une langue à part entière. Cette enquête légitime les actions des promoteurs du gallo,et celles des collectivités locales et de la Région. Et celles-ci sont chaque année un peu plus visibles.

Les panneaux de signalisation en gallo,par exemple, se multiplient,sauf en Loire-Atlantique,pour le moment en tout cas.Au jour d’aujourd’hui, c’est environ un millier d’enfants dans une trentaine d’écoles qui suivent une initiation au gallo. C’est aussi un chiffre symbolique. Certaines entreprises commencent à utiliser le gallo dans leur communication. Tout comme la Région Bretagne qui assure désormais la traduction en gallo de ses sessions et la possibilité de s’exprimer en gallo.

Institut du Galo

Cette enquête sociolinguistique concernait le gallo au même titre que le breton.Et là aussi, c’est tout un symbole.Les deux langues sont mises à égalité,et sans opposition.Il est maintenant fréquent de trouver de jeunes brittophones qui apprennent la langue gallèse, et vice-versa. Reste aujourd’hui des éléments qui n’ont pas ou peu été mesurés dans cette enquête.

La qualité du gallo notamment :Est-ce du mauvais gallo ou du gallo authentique ? Pour cela, il faudra mener d’autres études.Un autre chiffre à suivre de près. Les 40% de Bretons qui ne connaissent pas du tout la langue. Ce chiffre va-t-il diminuer dans les prochaines années,ou pas ? Seule certitude,Les évolutions sociolinguistiques se mesurent sur le temps long .

La prochaine enquête sociolinguistique est donc attendue avec impatience !

L’article est issu de cette vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=0Uj1C_1gNZE


⚫ Origine du drapeau Breton ⚪

Prémices

Ce drapeau-là :

drapeau breton gwenn ha du
Drapeau breton ou Gwenn ha Du

normalement vous le connaissez puisque à peu près tout le monde, sur cette planète et probablement ailleurs, le connait c’est le drapeau moderne de la Bretagne et date de 1923 car en ayant perdu son indépendance politique en 1532, puis son autonomie politique en 1789, la Bretagne terre ces symboles qui à part de rares utilisation comme l’armée de Conlie en 1870 tombe dans l’oubli n’ayant plus d’utilisation concrètes. Au début du 20e siècle un éveil politique et culturelle parcourt le pays et on voit un retour des anciens drapeaux aussi bien le Kroaz du ou l’hermine plein

Kroaz Du, Croix noire
Hermine Plain
Hermine Plain

qui sont utilisés pour montrer son attachement à la Bretagne, aussi bien dans les cercles culturels que dans les différentes formations politiques, mais très vite les anciens symboles ne correspondent plus avec ce que les jeunes bretons veulent montrer de la Bretagne. L’hermine plein ressemblent trop lisse

français effet trop monarchiste le dragon rouge est déjà représentatives du pays de Galles tandis que le Kroaz du fait trop ou religieux. Il leur faut un drapeau moderne et beaucoup de propositions et de dessins sont faits par différentes personnes.

Création du drapeau breton

Mais celui qui retient l’attention est l’oeuvre de morvan marchal :

Morvan Marchal, source Geobreizh.bzh

Pour créer un drapeau à la fois moderne et traditionnel il choisit de se baser sur le drapeau grec symbole de démocratie et/ou sur le drapeau américain, encore jeune nation fédéral aux grandes idées de liberté, il s’est peut être également inspiré des armoiries de la ville de Rennes, la ressemblance entre les deux étant évidente il fixe le nombre de bandes à 9,

chacune représentant une province historique de Bretagne les blanches les provinces de Basses Bretagne et les noirs les provinces de haute Bretagne, puis dans le coin gauche, il met les mouchetures d’hermine rappelant le symbole du duché . Le nombre des hermines n’est pas fixe et n’a pas de symbolique particulière étant tirés de l’hermine plein du moyen-âge il est techniquement innombrables en général on leur présente avec 11 hermines : quatre en haut, trois au milieu et quatre en bas, c’est juste une question d’esthétique mais il se trouve que ça correspond à la représentation classique des écus hermine et de différents souverains breton du moyen-âge.

Source geobreizh.bzh

le Gwenn ha Du est né.

Un drapeau breton qui est vu partout

Il est vite accepté et brandis par les différents partis politiques bretons qui vont le nommer drapeau national en 1927 de la Bretagne, parce que sinon ça n’a aucun sens, par la suite après la seconde guerre mondiale il sera interdit, mais c’est sans compter sur le deuxième revival breton dans les années 60 qui verra un retour en force de ce drapeau et une popularité qui ne cessera de croître, comme on peut le voir aujourd’hui et ce même s’il n’est toujours pas reconnu officiellement.

Quelques anecdotes sur le Gwenn ha du, drapeau breton

il est l’un des rares drapeau au monde exclusivement en noir et blanc

la mairie de plouescat dans le finistère est la première à l’avoir installé sur son fronton

il a été hissé sur le sommet de la

flèche de notre dame de paris en 1972 par un militant breton

il est allé dans l’espace et le spationaute jean-loup chrétien

il est interdit aux jeux Olympiques et à l’Eurovision car n’étant pas un drapeau officiel

le plus grand drapeau a été fait par les supporters de l’équipe de foot de Lorient et fait mille mètres carrés.

il existe une multitude de drapeaux en Bretagne que ce soit pour les pays traditionnels les provinces historiques ou encore les villes.


Aet eo Yvon Morvan 🖤

Aet er bed all Yvon Morvan, kaner mil brudet. Ra vo skañv douar Breizh evitañ.

L’un des frères Morvan, chanteurs renommés de kan ha diskan, nous a quitté.

Sincères condoléances à Henri, Agnès et leurs proches.

Ils étaient venus gracieusement chanter le 17 septembre 2001 à Elven, pour un fest-noz organisé par notre association Andon au profit de Skol Diwan Kistreberzh.

Nous avons en souvenir leur talent, leur générosité, pour partager ce moment et leur répertoire en langue bretonne.

( scène fest-noz noz qui comptait ce soir là aussi Diwall Dõm Duff et trio Azilis du pays de Redon, merci au site Tamm-Kreiz ).


Le 18ème Fest Deiz organisé par Andon à Molac aura lieu le dimanche 6 novembre 2022, toujours à la salle polyvalente de Molac, à partir de 14h30.En savoir plus